Le 22 mai dernier, Olivier de Wasseige, le patron de l’Union wallonne des Entreprises (UWE), livrait à Stéphane Tassiçn de « La Libre » ses impressions quant au conclave budgétaire wallon. « Il y a encore beaucoup de gras dans les finances wallonnes », soulignait-il.

L'effort pour le climat ne doit "pas trop se répercuter sur le prix pour le  client", selon l'Union wallonne des entreprises - rtbf.be

Sur le site de « Doorbraak », Christophe Degreef revient sur le sujet avec un article intitulé « Génération 2024 pourrait éteindre la lumière » (Génération 2024 mag het licht uitdoen).

Il nous paraît utile de le reprendre ici.

Le gouvernement wallon pense avoir été plus malin que les agences de notation internationales. Avec un effort budgétaire de plus de 800 millions d’euros, elle parvient à rester sous la limite symbolique d’un déficit de 4 milliards d’euros cette année. Cependant, personne ne sait d’où viendront les recettes. Après 2024, la situation financière de la Wallonie continuera de toute façon à se détériorer, même sans augmentation des charges d’intérêt.

« Il y a encore trop de gras dans les finances de la Wallonie. Cependant, à l’UWE, nous sommes convaincus qu’en réduisant les dépenses, nous pouvons rétablir le budget wallon sans augmenter les impôts », a déclaré Olivier de Wasseige, directeur général de l’Union wallonne des Entreprises (UWE), à La Libre Belgique.

De Wasseige anticipait le premier véritable examen d’Adrien Dolimont (MR), le nouveau ministre wallon des Finances. Il a dû trouver pas moins de 700 millions d’euros supplémentaires pour le budget. En outre, le gouvernement wallon s’est déjà engagé en 2019 à réaliser des économies annuelles de 150 millions d’euros. En 2022, le gouvernement wallon se dirige vers un déficit budgétaire d’un peu plus de 4 milliards d’euros.

Avec l’habileté et le doigté nécessaires, Dolimont a réussi à sauver quelques meubles pour l’instant. Pour l’instant, car à la fin de cette année, l’exercice doit être refait pour le budget 2023. Ce ne sera pas mieux alors. Olivier de Wasseige a également anticipé en lançant une offensive médiatique avant l’annonce de l’accord budgétaire.

Pénurie due à la crise

Adrien Dolimont a trouvé près de 800 millions d’euros de recettes supplémentaires. Le fonctionnement des administrations est réduit et les investissements sont supprimés. Mais lesquels, ce n’est pas clairement dit. Ce sont surtout les crises passées qui pèsent sur les finances : pas moins de 3 milliards d’euros sont dus à la crise Covid, aux inondations de 2021 et à l’accueil (supposé) des réfugiés ukrainiens. En d’autres termes, il n’y a plus de marge pour absorber une crise continue ou nouvelle.

Olivier de Wasseige affirme que le gouvernement wallon peut économiser beaucoup plus. Le gouvernement wallon veut employer un millier de nouveaux travailleurs sous contrat. « C’est généreux de la part du gouvernement, mais je ne suis pas sûr que ce soit le bon moment », dit-il.

De Wasseige est également préoccupé par le budget zéro, qui stipule que toutes les initiatives du gouvernement wallon doivent être budgétairement neutres. « Plus nous avançons dans le temps, plus nous pensons que ce principe n’est pas du tout appliqué ».

Il y a un risque que la dette soit transmise à la prochaine législature, et donc aux générations futures.

« Il n’y a tout simplement pas de solution structurelle », déclare M. de Wasseige. Il y a un risque que la dette soit transmise à la prochaine législature, et donc aux générations futures. Nous sommes le pays au monde où la croissance de la dette a été la plus forte en 2021. La dette belge par habitant est désormais supérieure à 53 000 euros. C’est énorme. (107% du produit intérieur brut, selon un autre ratio, ndlr).

2024 : 62 millions d’euros de moins par an

Le directeur craint que ce soit le prochain gouvernement wallon qui se verra contraint de percevoir de nouveaux impôts. Il y a maintenant trop de taxes sur le travail et l’énergie. Nous recevons peu en retour du gouvernement. Les citoyens et nos entreprises en ressentent les effets.

À partir de 2024, le gouvernement wallon recevra également 62 millions d’euros de moins par an via la loi de financement spéciale.

À partir de 2024, le gouvernement wallon recevra également 62 millions d’euros de moins par an via la loi de financement spéciale. En somme, le gouvernement wallon a voulu envoyer un signal aux agences de notation internationales disant que la Wallonie conserve le contrôle de sa dette. La dette publique wallonne est d’environ 30 milliards d’euros, soit 200% des recettes. Le gouvernement wallon dépense déjà 600 millions d’euros par an en frais d’intérêts. Avec les taux d’intérêt qui menacent d’augmenter dans le monde entier, la Wallonie va transpirer dans les mois à venir. 

Pas seulement dans les mois à venir, semble-t-il.

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