Stéphane Vande Velde, « Le Soir », 11 janvier 2025
Dans les vœux de la N-VA prononcés samedi à Malines, Bart De Wever a expliqué la raison qui pousse son parti à monter au gouvernement fédéral : « Que le développement de l’autonomie de la Flandre ne soit pas un tabou ».

« Nous sommes prêts à gouverner ce pays si des avancées communautaires concrètes à réaliser tombent et si le développement ultérieur de l’autonomie de la Flandre n’est pas un tabou ».
C’était ce samedi soir, lors des vœux de la N-VA et cela ressemblait à un discours du même parti, dix ans plus tôt. Alors que les négociations fédérales battent leur plein, touchant au but (du moins, le pense-t-on), le formateur et président de la N-VA, Bart De Wever n’a pas manqué de rallumer la mèche communautaire, alors que les discussions de l’Arizona semblaient jusqu’à présent en être préservées.
Cette petite phrase a été distillée après une longue diatribe sur l’état de la Belgique. Lamentable, cela va sans dire. « Ce pays est dans un très mauvais état. Notre approvisionnement énergétique n’est pas bien géré et même sérieusement menacé par des dogmes verts insensés. Notre sécurité et certainement notre défense sont totalement insuffisamment garanties. (…) Notre taux d’endettement monte en flèche, tout comme les intérêts qui y sont liés. Certains se demandent pourquoi nous devons faire cela (NDLR : gouverner) ? Nous ne sommes pas responsables du déraillement budgétaire total sous la Vivaldi ! » Voilà donc la condition posée par Bart De Wever pour remettre le pays sur les rails.
Reste à savoir s’il faut y voir un retour du communautaire à la table des négociations ou simplement un gage donné à des militants chauffés à blanc et se posant légitimement la question de savoir si la N-VA a quelque chose à gagner à monter au 16 rue de la Loi.
Car, le même discours contenait également des accents de chef d’Etat. « Comme l’a dit le président Lincoln, vous ne pouvez pas échapper à la responsabilité de demain en la fuyant aujourd’hui. Le mal belge ne sera pas guéri en détournant le regard et en espérant puérilement que tout sera réglé au réveil. »
Bart De Wever n’a d’ailleurs pas manqué de placer les axes de son prochain gouvernement en matière de budget, migration, sécurité, défense et énergie. « Nous sommes prêts à mettre en œuvre une restructuration sérieuse des finances publiques à travers de profondes réformes sociales et par le contrôle des dépenses. Avec la N-VA, la pression fiscale n’augmentera pas. Nous sommes prêts à une politique migratoire plus stricte, (…) à une levée immédiate de l’interdiction de l’énergie nucléaire. » Avec un dernier mot… rassembleur (costume de candidat Premier ministre oblige). « C’est ce que nous devons à nous-mêmes et aux générations à venir. Pour la prospérité flamande. Pour une Wallonie prospère ». La dernière phrase en français dans le texte…