« Le Soir », 4 juin 2021

Le Vlaams Belang domine la Flandre, le PS retrouve des couleurs en Wallonie, mais est tout juste dépassé par Ecolo et le MR à Bruxelles, selon notre Grand Baromètre Ipsos-LeSoir-RTL-Het Laatste Nieuws-VTM. Le PTB se stabilise, arrivant deuxième au sud du pays. Le CDH renoue avec son score de 2019.

Il y a de quoi se montrer inquiet. Notre dernier « Grand Baromètre », réalisé par Ipsos entre le 25 mai et le 1er juin, confirme une tendance lourde en Flandre : le Vlaams Belang conserve sa première place virtuelle, occupée depuis le lendemain des élections de mai 2019. Pire ! Avec 26,1 % des suffrages, il progresse de 2,5 points par rapport au sondage de mars et de 7,4 points par rapport au dernier scrutin. Et cela alors que la cavale de Jurgen Connings occupait le devant de l’espace médiatique.

Autre motif d’inquiétude : cette percée ne s’effectue pas au détriment de la N-VA. Les nationalistes flamands sont crédités de 21,8 %. Soit 1,8 point de plus qu’à la fin de l’hiver. Ces formations confédéraliste ou séparatiste cumulent donc, ensemble, 47,9 %, pour 44,2 % en mai 2019.

Les partis (flamands) de la Vivaldi connaissent, eux, des destins divers. A droite, c’est la soupe à la grimace. Le CD&V (10 %) et l’Open VLD (11,4 %) reculent respectivement de 3,2 points et de 1,5 point. Et cela malgré la popularité d’airain du Premier ministre, Alexander De Croo. A gauche, Vooruit (12,6 %) et Groen (8,3 %) glane 0,3 et 0,1 point de mieux qu’en mars. Sans doute au détriment d’un PVDA (7,8 %) en recul de 0,4 point, qui ne connaît pas le même succès que son pendant francophone. Plus que jamais, Flandre et Wallonie balancent à l’opposé.

Le PTB, dauphin virtuel d’un PS ragaillardi en Wallonie

Le PTB, virtuel 2e parti de Wallonie. Une stabilisation (+0,1 point par rapport à mars) après une progression à la hausse dans les sondages, entamées juste après les élections de mai 2019, où elle avait obtenu 13,8%.

Si la formation de Raoul Hedebouw arrive en 2e position, c’est aussi au recul du MR qu’il le doit. Les libéraux, gratifiés de 18,7% d’intentions de vote, reculent de 1,4 point. Et cela malgré une crise sanitaire qui a permis à certains de leurs ministres de se mettre en avant. Le Mouvement Réformateur se situe d’ailleurs en dessous de son résultat de mai 2019, quand il avait obtenu 20,5% des suffrages.

Le PS, lui, devance ses deux «meilleurs ennemis» et retrouve des couleurs en Wallonie. Avec 24,9%, il rebondit de 2,1% par rapport au «Baromètre» de mars. Et se rapproche un peu de ses 26,1% glanés lors du scrutin de 2019.

Les autres formations politiques, elles, approchent leur résultat des élections de 2019, ce qui constitue dans certains cas une amélioration (ou pas) par rapport au dernier sondage: Ecolo (15%, -1,5 point), le CDH (10,8%, +2,1 points) et Défi (5,1%, +1,2 point).

Ecolo, PS et MR dans un mouchoir à Bruxelles

Les scores se resserrent dans la capitale : notre Grand Baromètre indique qu’ils ne sont pas deux, pour l’instant, dans la course à la première place… mais trois. Depuis le scrutin de mai 2019, Ecolo et le PS se disputent le leadership dans la capitale, avec un avantage quasi constant aux Verts. Mais, confirmant une progression amorcée fin de l’année, les libéraux, dans l’opposition, font, selon notre sondage, jeu égal avec les deux partis au pouvoir à la Région.

Précisons qu’Ecolo et le MR retrouvent, à quelques dixièmes de point près, leur score électoral, le PS est légèrement en-dessous. Cette quasi égalité entre trois formations politiques risque de tendre davantage encore un jeu politique bruxellois au sein duquel écologistes et socialistes sont toujours/déjà en compagne. Derrière, le PTB et Défi, en (léger) recul, consolident leur troisième et quatrième place, alors que le CDH marque un petit rebond, au-dessus du seuil électoral…

Côté flamand, la N-VA est en progrès mais tous les scores des partis néerlandophones sont inférieurs à la marge d’erreur maximale, prudence donc.

Méthodologie

Sondage Ipsos réalisé en ligne du 25 mai au 1er juin 2021 auprès de 2517 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18 ans et plus à raison de 992 en Wallonie, 1002 en Flandre et 523 dans les 19 communes de la Région Bruxelles-Capitale. La marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 % est de +-3,1 en Wallonie, +-3,1 en Flandre et de +-4,3 à Bruxelles.

Un commentaire

  1. Bonjour.
    Il semble qu’il ne faille pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué…
    Lorsque l’on interroge De Wever sur une idée d’association avec le Vlaams Belang,,celui ci fait la moue en disant que cela n’est pas réaliste…
    Décidément le virus de la belgitude est plus tenace que la Covid; on pourrait se demander s’il n’est pas en train de contaminer la NVA.
    Notons: cela ne sera pas le première fois;. Tout le monde sait qu’à de nombreuses reprises, beaucoup d’espoirs sur une prise de conscience par des personnalités de la Wallonie ,à un avenir Français se sont vus aliénés, soit par l’appât du gain et du poste acquis , la retraite, ou le pouvoir réduit(Dehousse,Spitaels,Gol,Happart,Collignon,Bacquelaine,etc…).
    Loin de leur en vouloir, on peut tout de même se dire qu’il a été dur d’obtenir plus de conscience Wallonne!.

    On me retorquera certainement que la Vlaams Belang reste de l’extrême droite et qu’il ne faut pas qu’elle passe sous prétexte de mettre en danger la démocratie…
    Cela est vrai, et si je suis patriote wallon ,profrançais,je ne suis en tout cas ni raciste ni violent,ni ne souhaite de débordements.
    Cependant :
    Il est à pressentir que:
    S’il n’existe pas un jour une majorité, quelle qu’elle soit en Flandre(et ce ne sont ni les socialistes ,ni le VLD,ni les autres qui s’y arrangeront),il est plus que certain que les unitaristes trouveront ,comme ils l’on fait au dernier gouvernement une échappatoire pour maintenir le pays; nous sommes actuellement dans une dynamique qui pourrait renverser le pays, d’après évidemment les derniers sondages, à prendre avec parcimonie; se cacher la vue en se disant que la NVA seule ou l’ensemble des partis flamands classiques, prendraient cette décision d’indépendance est une vue de l’esprit.

    Autre vue de l’esprit et nous le savons, ce n’est pas la Wallonie qui prendra de genre de décision, étant en majorité unitariste.
    Je pose l’idée qu’il faut savoir pour les Wallons défendant l’idée ,qu’elle soit dans le sens de la régionalisation ,ou du rattachement ,que les choses ne se sont jamais faites sans une décisionnelle claire; souhaite t’on la partition de la Belgique ,dans ce qu’elle de plus objectif actuellement, en souhaitant que tout soit en velours( ce qui n’existera pas), ou faut il souhaiter quelque part sans pour cela nous stigmatiser d’extrême droite cette fameuse alliance NVA-Belang.
    pour moi ,si cela ne fait pas ,l’avenir de la Wallonie dans ce qu’elle a de plus beau et de plus grand ,risque bien d’attendre longtemps, voire de ne jamais se faire…
    Finalement qu’on le veuille ou non ,la balle est dans le camp des flamands comme toujours…
    PS je respecte à outrance le RWF ,GEWIF, Alliance Wallonie France dont le destin doit rester la complementarité si pas l’union informelle, mais nous sommes si peu ,si faibles, et avec tellement peu de moyens …
    Merci

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