Au niveau politique, certaines voix au nord du pays plaident pour le confédéralisme. Mais la scission n’est certainement pas rangée au placard. Preuve en a encore été donnée le week-end passé.

Malik Hadrich 02-11-21  7 sur 7

“Nous choisissons résolument l’indépendance de la Flandre. Pas le confédéralisme!” C’est ce qui est ressorti du congrès tenus par les jeunes de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA) le week-end passé. Plusieurs partisans se sont empressés de relayer le résultat de leur vote sur les réseaux sociaux.

D’ailleurs, le nom du congrès organisé cette année à Anvers ne laisse planer que peu de doutes: “Eigen Koers”. Comprenez “Notre propre Trajet” en français.

Les réactions à cette volonté d’indépendance sur Twitter sont mitigées. Et souvent diamétralement opposées entre les aficionados de la N-VA et les autres. Mais une chose est certaine désormais. Pour la jeunesse étiquetée N-VA, le confédéralisme n’est pas un objectif en soi.

État confédéral

Ces dernières années, il a pourtant été employé à toutes les sauces par la N-VA et son président, Bart De Wever. Pour ce dernier, plusieurs dysfonctionnements ont été observés lors de la crise du coronavirus ou lors de celle des inondations (qui ont pourtant majoritairement touché la Wallonie). Et toujours selon lui, ils auraient pu être évités dans un état confédéral. Dans un état confédéral, les Régions prendraient en charge la plupart des compétences. Il ne resterait plus que des miettes au niveau fédéral.

Pourtant, les statuts du parti sont toujours les mêmes. La volonté “d’une république flamande indépendante, membre d’une Union Européenne démocratique” est clairement établi. Mais les pontes de la N-VA estiment que la seule façon d’y parvenir un jour est de passer par une étape intermédiaire: le confédéralisme.

Bruxelles

Lors de leur congrès, les jeunes de la N-VA ont répété qu’ils ne s’en satisferaient pas. Ils veulent aller plus loin. Plus loin même que le manifeste de leur parti. Celui-ci indique que Bruxelles doit devenir “une ville-région, exclusivement compétente pour des questions locales (…). Nous devons intégrer la partie flamande de Bruxelles à la politique et aux institutions flamandes plutôt que d’élaborer des institutions locales. De cette manière, nous pouvons inciter de plus en plus d’habitants de Bruxelles ou de Bruxellois flamands à choisir de participer pleinement à notre communauté, à notre Flandre”.

Pour les jeunes de la N-VA, Bruxelles doit devenir carrément “une ville flamande à part entière”. Aujourd’hui, cette métropole est toujours la capitale officielle de la Flandre. Cependant, elle constitue une Région au même titre que la Flandre et la Wallonie. Qui plus est, elle est très majoritairement peuplée de francophones. À plus de 90 pourcents.

Sondages et résultats

Lors du dernier sondage Ipsos publié mi-septembre 2021 pour le compte de RTL-Le Soir-HLN-VTM, la N-VA était en recul de 0,6 points par rapport au sondage de juin dernier. Elle obtenait 21,2 pourcents des suffrages et se plaçait en seconde position derrière le parti d’extrême-droite, le Vlaams Belang (23,6 pourcents, en baisse de 2,5 points par rapport au mois de juin) qui lui aussi prône l’indépendance de la Flandre.

Lors des élections régionales de 2019, le parti cher à Bart De Wever avait réussi à convaincre 24,83 pourcents des Flamands.

Un commentaire

  1. En 1912 Jules Destrée , quadragénaire, lance la Séparation Admnistrative entre la Wallonie et la Flandre. Bref: le divorce pur et dur, applaudi par sa génération. 1914 déboule sur la Belgique et voilà que les sécessionnistes wallons refusent la mise en application de leur projet par les Allemands. Voilà l’occasion manquée !
    En 1945, au Congrès wallon à Liège, les congressistes votent la sécession et le rattachement à la France. Panique chez les anciens de 14 et de 40 ! Voilà encore une occasion manquée.
    “Nous choisissons résolument l’indépendance de la Flandre. Pas le confédéralisme!” ce cri du coeur des jeunes NVA ressemble à celui de Jules Destrée en 1912.
    Je prie sincèrement que ces jeunes flamands ne fléchiront pas lamentablement comme leurs voisins de Wallonie.

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